Au Temps Perdú à Bar-Le-Duc (FR)
Hier après-midi, je suis parti à la recherche du vieux Moleskine où j’ai relevé des écrits qui m’ont traversé l’esprit au début des années 2010. Parmi eux, j’ai trouvé un poème que j’ai écrit en 2012, lorsque j’habitais à Bar-Le-Duc. Je l’ai écrit avant de commencer une session de musique live dans le seul bar qui comptait vraiment dans ce petit village. Dans un pays de seulement 12000 habitants, trouver un établissement avec la catégorie, la vie et le charisme du bar Au Temps Perdú, était quelque chose d’unique et, naturellement, j’ai fini par y passer une bonne partie de mes heures de repos.

Une fois que j’ai trouvé le poème et que je me suis immédiatement souvenu de ces amis, j’ai pensé que j’irais les chercher, sur Facebook, et, pour plaisanter, leur envoyer le poème, parce qu'ils voulaient, peut-être, l'accrocher à un mur. Lorsque j’ai ouvert la page de médias sociaux respective, j’ai été choqué de découvrir que le Bar Au Temps Perdu a fini par fermer ses portes le dernier jour de l’année 2024. Une maison qui a survécu à la seconde guerre mondiale, n’a pas survécu au progrès et à l’évolution des habitudes de consommation. Je suis triste pour cela, mais je ne manque pas de vous laisser ici, le poème que j’ai écrit ce jour-là.

Au Temps Perdu à Bar-Le-Duc
Allons Au Temps Perdu entre les maux
Des promesses douces qu’on murmure trop tôt
Les corridors d’hier où nos ombres s'attardent
À chercher des éclats que le passé garde
Laissons-nous glisser sur des rivières d'absynthe
Regarder l’écho des heures innocentes
Ce qui n'est jamais venu mais qu’on a rêvé
Flotte dans ces coins que l’on veut effacer
Les aiguilles tournent mais elles mentent aussi
Elles pirouettent doucement sous le bruit
Du fumeé du crack d’un amour pas invaincu
Et nous fait croire qu’hier était jamais perdu
Oh temps volé dis-moi où tu caches
Les baisers qui manquent quand tout se détache
L’envers du décor qui accompagne l’histoire
Les minutes où l’on danse sans savoir
Allons Au Temps Perdu mais pas en silence
Avec des rires brisés pour créer la cadence
Porter des rêves fragiles comme des bijoux
Faire semblant qu’on peut toucher l’inconnu
Par Pedro Estadão, Bar-Le-Duc, le 12 Juillet 2012
@hefestus 17.03.25
Vraiment? C'est correcte? Les raisons pour avoir fermé ne sont pas à trouver avec (? par?) les ordres anti-covidales?
Pas de tout. Il's etaient en risque de fermer même au 2012... C'est la chronique d'une mort annoncé.
Très domage...